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Sherlock Holmes et le tabac

1996, par Sébastien Canevet

Holmésien et fumeur de pipe moi-même, il m’a paru intéressant de vous poposer cette lecture "pipe en bouche" des aventures du locataire de Baker Street.

La pipe de Sherlock Holmes : la fausse et les vrais

La Fausse pipe de Sherlock Holmes

Nous croyions tout savoir sur la pipe de Sherlock HOLMES. Une lecture attentive nous fait pourtant découvrir bien des choses sur les habitudes tabagiques du grand détective et de son inséparable compagnon, le Docteur WATSON.

L’origine de cette pipe non canonique est pourtant ancienne. Elle remonte au début du XXe siècle. La légende veut que Wiliam Gillette, le premier interprète de Sherlock Holmes, à la scène comme à l’écran, ait refusé d’arborer une pipe droite qui eut masqué son visage.Elle est devenue depuis LA pipe de Sherlock Holmes.

Les pipes canoniques

Pourtant, fumeur de pipe, Sherlock Holmes l’est assurément. Dès sa rencontre avec Watson, (dans "Une étude en rouge" chapitre I), il lui déclare : "J’ai en vue un appartement dans Baker Street qui ferait parfaitement notre affaire. L’odeur du tabac fort ne vous incommode pas, j’espère ?". Ce à quoi, Watson répond : "Je fume toujours du "Ship’s" moi-même.". Et voilà nos deux compères installés, fumant leur tabac fort. Dans quelles pipes ?

Bien souvent, Watson n’en dit rien. Pourtant, dans "Le chien des Baskerville" (chapitre III), Holmes tient entre ses lèvres sa pipe en terre noire. ("his black clay pipe."). Les pipes en terre sont ordinairement blanches ou brunes. Celles en terre noire sont nettement plus rares. En a-t-il été fabriqué en Grande Bretagne ?

Parfois, lorsque le détective réfléchit intensément, il fume une pipe "puante". Ainsi, dans "La vallée de la peur", (Première partie chapitre I), il allume "la pipe peu ragoûtante qui était la compagne de ses réflexions les plus profondes.". ("The unsavory pipe which was the companion of his deepest meditations."). Le Docteur Watson, trop occupé sans doute à éloigner Holmes de la cocaïne, oublie d’attirer son attention sur le nécessaire respect des quelques règles élémentaires d’hygiène, indispensables à nos bouffardes.

Hommage à la tradition française, Sherlock Holmes fume également une pipe de bruyère. Ce n’est sans doute pas une toquade passagère puisque, dans "Le signe des quatre" (Chapitre I), elle est décrite comme vieille. ("His old briar-root pipe.").

Quels tabacs Holmes fûme-t-il ?

Il a déjà été dit qu’Holmes et Watson affectionnent les tabacs forts. On connaît aussi l’endroit où notre héros achète le sien. Toujours dans "Le chien des Baskervilles", il demande à Watson : "Quand vous passerez devant Bradley’s, pourriez-vous lui demander de me faire porter une livre de son plus fort tabac coupé fin." ("When you pass Bradley’s would you ask him to send up a pound of the strongest shag tobacco ?"). Cette boutique se situait dans Oxford Street (idem chapitre XII).

Surprise, Holmes fume également la cigarette (Cf. par exemple "Le chien des Baskerville" chapitre I) et le cigare, dont il n’est d’ailleurs pas avare puisqu’il en offre généreusement à ses visiteurs ("Etude en rouge" première partie chapitre VI.).

Le tabac dans la criminologie holmesienne

Enfin, il ne faudrait surtout pas, dans une étude consacrée au tabac dans les aventures de Sherlock Holmes, oublier que ce dernier à publier une monographie consacrée à l’identification des cendres de tabac.

Ce travail d’une haute valeur criminologique se nomme "Sur la Discrimination entre les Différents Tabacs" ("Upon the Distinction Between the Ashes of the Various Tobaccos"). Cette étude énumère cent quarante variétés de cigares, cigarettes et tabacs et est illustré de reproductions en couleurs présentant les différences d’aspect entre leurs cendres. ("Le signe des quatre" chapitre I).

Pour clore cette petite promenade littéraire qui ne prétend nullement être exhaustive, Les Dix Sept Marches vous offrent, en exclusivité mondiale, la reproduction de la couverture de l’édition originale du livre écrit par Sherlock Holmes sur le sujet.

N.B. Les traductions ont été faites par l’auteur d’après l’édition complète publiée par Chancellor Press en 1985-1987.

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