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La monnaie à l’époque de Sherlock Holmes

1996, par Sébastien Canevet

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Les aventures de Sherlock Holmes fourmillent d’allusions à la monnaie de son époque. Pourtant, les unités monétaires alors en vigueur sont suffisamment méconnues aujourd’hui pour mériter d’être présentées ici.

Cette exposition est composée de trois parties :

- La Livre et le monnayge en Or
- Le Shilling et le monnayage d’Argent
- Le Penny et le monnayage de Bronze

LA LIVRE et le monnayage en or

*

Petit historique de la monnaie victorienne *

La monnaie victorienne en Or *

Sherlock Holmes porte un souverain à sa chaine de montre... *

Et la Guinée ?

Petit historique de la monnaie victorienne

La Reine Victoria a régné sur la Grande Bretagne de 1837 a 1901. Pendant cette longue période, le buste de Victoria qui orne le monnayage britannique a changé au fur et à mesure que la Reine a vieilli. Le premier profile utilisé nous montre une Victoria plutôt juvénile, mais il est rapidement remplacé, en 1847, par une Victoria "Gothique", à la tête ceinte de la lourde couronne britannique. Un troisième profile nous présente à partir de 1887 une Victoria à sa maturité, c’est le "buste du Jubilée", qui sera rapidement suivi, en 1892 d’un buste "à la vieille tête".

La monnaie victorienne en Or

La Livre (ou Pound) était à l’origine une quantité d’argent (le métal), qui pesait une livre). Elle était égale à 20 shillings ou à 240 pence. Au XIX em siècle, la livre fut une monnaie de prestige en or. Les pièces d’une livre (souverain) et d’une demi-livre (demi-souverain) étaient frappées couramment, alors que celles de cinq livres et deux livres ne l’étaient qu’à des occasion spéciales.

Victoria "à la tête jeune"

Pièce d’une Livre ou Souverain, cette pièce fut frappée de 1837 à 1847. L’avers représente Victoria Jeune, sans couronne. La légende "VICTORIA DEI GRACIA..." (Victoria par la grâce de Dieu...) continue au revers : "REGINA, FID. DEF. BRITANNIARUM" (Reine, defenseur de la Foi et des Britanniques". Au centre trônent les armes d’Angleterre.

Sherlock Holmes porte un souverain à sa chaine de montre...

Cette anecdocte canonique nous est narrée dans "Un scandale en Bohème". Dans cette aventure, Holmes se déguise en "une sorte de valet d’écurie qui semblait pris de boisson : rougeaud et hirsute" afin de suivre "La Femme", la ravissante mais dangereuse Irene Adler.

A l’occasion de cette filature, notre détective est invité par sa victime, qui ne semble pas l’avoir reconnu, à servir de témoin impromptu à son mariage. C’est pour le remercier de ce service qu’Irene Adler lui fait cadeau d’un souverain, et Holmes de conclure : "j’entends le porter à ma chaine de montre en souvenir de cet heureux évenement".

Cette aventure s’étant déroulée en 1888, il est possible que le souverain en question fasse partie de la série du jubilée et soit analogue à celui-ci :

Victoria "à la tête du Jubilée"

Pièce d’une Livre ou Souverain. Cette pièce fut frappée de 1887 à 1892. L’avers représente la Reine couronnée. Une légende latine "VICTORIA DEI GRA BRITT REGINA FID DEF IND IMP", peut être ainsi traduite : "Victoria, Par la Grace de Dieu, Reine de Grande Bretagne, Defensur de la Foi, Impératrice des Indes". Au revers, Saint George terrassant le dragon.

Victoria "à la vieille tête"

Pièce d’une Livre ou Souverain. Cette pièce fut frappée de 1893 à 1901, année de la mort de la Reine.

LA LIVRE LE SHILLING LE PENNY Retour aux Dix Sept Marches

Et la Guinée ?

La Guinée est une ancienne monnaie britannique. Il s’agit d’une pièce qui fut frappée pour la première fois en 1663, avec une valeur nominale de 20 shillings. Elle fut frappée jusqu’en 1813, mais, à partir de 1717, elle eut une valeur nominale de 21 shillings.

Si, à l’époque de Sherlock Holmes, il n’y a plus de guinées, les textes des aventures mentionnent pourtant fréquemment cette unité monétaire :

"Ce sera le même tarif que d’habitude, plus une guinée à celui qui trouvera le bateau."

(Sherlock Holmes s’adressant à ses Irréguliers, Le signe des Quatres, Chapitre VIII)

Comment s’explique ce mystère ?

En fait, à l’époque victorienne, si la guinée a déjà disparu en tant que pièce de monnaie, elle continue d’être utilisée comme "monnaie de compte". Elle a alors une valeur de 21 shillings, soit une livre et un shilling.

Il semble que certains professionels, comme les médecins par exemple, sont payés en Guinées... là ou quelqu’un d’autre eut été payé en livres pour son travail. Il est probable qu’il s’agit d’un supplément de rémunération pour leur qualification professionnelles.

De nos jours, la Guinée n’est plus guère employée comme unitée de compte que par quelques rares personnes, qui semblent trouver cela fort élégant, alors que c’est surtout follement compliqué :-)

LA LIVRE LE SHILLING LE PENNY Retour aux Dix Sept Marches

Pour aller plus loin...

*

Monnaie Royale de Grande-Bretagne *

American Numismatic Association *

Numismatic International *

www.numismatic.com

Remerciements :

John Mc Gowan - Roger Burrows -

Cette exposition eut été impossible sans leur aide et leur encouragement.

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